Quel point commun y a-t-il entre Diane de Poitiers, Firmin Didot et Emmanuel Maubert ? Ils sont tous passés par l’un des châteaux de l’Agglo ! Histoire…

De quoi on parle ?

Comme vous vous en doutez, on va vous faire visiter quelques grosses maisons, du genre château fort et château de princesse avec le kit déco complet : remparts, douves, tours, jardins et fontaines. 9 châteaux, 9 ambiances et tout autant d’époques ; puisque l’édification et la restauration de ce patrimoine s’étale de la période gallo-romaine au XIXème siècle. Nous parlerons également parler jardin, architecture, guerre, art et littérature, bref la totale. Niveau stars de l’histoire, nous allons citer Diane de Poitiers, Henri II + III et Richard Cœur de Lion. Pour les autres, il y a leur bio express en fin de page… C’est cadeau.

Bon. Là, ça va pas être de la tarte pour refaire l’historique du château. Construit entre le XVème et le XVIème siècle, c’est tout le domaine qui a été remanié un sacré paquet de fois. Prends un Doliprane.

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Ambiance et style : le XVIème siècle

Le XVIème siècle est le siècle du changement ! La preuve, on change même de calendrier. Fini les petits chats, place aux pompiers… Bref. En France, le XVIème siècle commence avec l’avènement de François Ier et s’achève avec la mort de Henri IV. Michel Ange, Le Caravage, Ambroise Paré en Vasco de Gama font partie de la flopée de héros de cette époque. C’est le temps des grandes découvertes. Christophe Colomb vogue vers les Amériques et les portugais font du business avec les japonais. Banzaï !

Le décor

Escorpain, c’est une petit bourgade pas dégueulasse, au sud de Saint-Lubin-des-Joncherets. Un petit village de moins de 300 âmes composé de trois fermes et deux hameaux. Y a une église aussi. Les environs sont très boisés et vallonnés, c’est plutôt cool.

Donc, le château aurait été construit au XVIème siècle, mais y a bataille entre mes sources. A l’époque, il ne ressemble pas du tout à ce qu’il est aujourd’hui. C’est plutôt une grosse bâtisse, avec de gros murs, mais genre bien gros : 1, 50 mètre d’épaisseur. Le corps principal est construit en silex, une roche hyper dure que l’homme préhistorique utilisait pour fabriquer des outils et pas crever de faim. Y a trois tours quand même. Ben oui, c’est un château, donc y a des tours… Aujourd’hui, il en reste deux qui donnent sur le potager.

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Tempête d’architecture

En gros, c’est ça : un bâtiment principal avec quelques dépendances. Le tout va passer au shaker de l’architecture entre le XVIème et le XIXème siècles. Lifting total pour les façades extérieures d’abord. C’est un curieux assemblage de briques et de silex qui créent un motif de damier. Ensuite, les deux tours, le colombier et les dépendances qui ceignent la cour d’honneur. Briques et silex toujours, mais en bandes superposées. Donc là, autour du bâtiment principal, les différents propriétaires l’ont joué « Forge of Empire » en construisant, déconstruisant, adaptant, rénovant tous les bâtiments alentours : colombier, étables, granges, écuries, vacheries et granges… Aujourd’hui, on est sur un plan plutôt classique et XVIIème, avec une cour d’honneur, des dépendances de chaque côté et le château face à nous.

Côté maison

A la fin du XVIIIème siècle, le château devient la résidence de la famille Firmin Didot. Cette famille, c’est pas n’importe laquelle ! Chez les Didot, on est imprimeur de père en fils depuis 1764 ! La start-up, elle a 252 ans quand même ! En 1790, Ambroise est le premier à y résider. Il cède ensuite le château à son fils, Alfred, lui aussi imprimeur. Il se dit que ça serait pas mal de faire quelques légers travaux, ambiance D&Co. Alors, en 1879, il fait rehausser le toit du château, et hop ! le bâtiment est orné d’une galerie. Mais ça suffit pas, alors zou ! Encadrement en pierre sculptée pour toutes les fenêtres ! Faut dire que ça a de la gueule. A l’intérieur aussi c’est champagne ! Un nouvel escalier, une chapelle et une cuisine Schimdt, le tout dans une ambiance gothique flamboyant. Et comme ça suffit toujours pas ! Alfred Firmin-Didot fait transformer la bergerie en bibliothèque ! J’t’explique pas la facture !

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Pages immortelles

Là… on touche au sublime. Amoureux des livres de génération en génération, L’ancienne bergerie de 16 mètres de long par 6 mètres de large abrite quelque 5000 volumes ! Tu tombes à genou devant cette collection qui regroupe les ouvrages imprimés par la dynastie, et tu chiales en levant les yeux au plafond, en forme de bandeau comme à Blois et orné de peintures. Du beau s’il te plaît ; pas d’la Ripolin.

Espaces verts

Arrêtons-nous un instant sur ce qui fait l’atout d’un château : son jardin. On va pas se mentir, y a du terrain ! A l’arrière, entre les tours, un potager carré, ceint par un muret. Juste après, une petite mare qui a tendance à déborder. Du coup, un autre propriétaire, le général d’Empire Joseph Christophe Couin fait creuser un canal pour palier à ce problème. Bon, ça déborde plus, mais faut quand même faire gaffe. Face au château, Le général acquiert un tout petit bois de 15 ha qui sera agrandi à 105 ha et transformé en garenne. C’est mignon, Alfred, il chasse les p’tits lapins.

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Le truc en plus

En 2008, l’actuel propriétaire, Charles Firmin-Didot et ses sœurs, entreprennent de sauver les restes de ce vaste domaine. Le château est mis hors d’eaux (rapport à la mare qui déborde), la cour d’honneur est débroussaillée, les façades sont restaurées et le potager retrouve petit à petit ses lettres de noblesse. Y paraît même qu’on y fait pousser des melons !

Tu l’as compris, le château d’Escorpain, avec sa façade en clavier d’ordinateur, sa mare qui déborde et sa bibliothèque de dingue, c’est un lieu pas comme les autres. C’est trois siècles d’architecture en un coup d’œil, c’est l’amour de toute une famille pour la sauvegarde du patrimoine, c’est Dinasty au pays des céréales. C’est le château d’Escorpain !

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